Mon classement des films de JOHN CARPENTER !

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La chaîne Youtube en anglais « Red Letter Media » a sorti son classement des films de John Carpenter, en trois parties. Rich Evans et Jay Bauman listent leurs films et commentent les résultats.

Récemment, la chaîne Youtube « Capture Mag« , composée de pas mal d’anciens de mon cher Mad Movies de la Grande Époque, a commencé un récapitulatif de la carrière du Maître, qui sera en quatre parties. Voici le lien vers la première partie, c’est passionnant :

Comme j’ai vu la plupart des films du Maître (mis à part The Ward), je me suis dit que je pourrais faire de même !

John Carpenter
John Carpenter sur le plateau de Jack Burton !

17. Le Village des Damnés

Rien à faire, c’est celui que j’aime le moins. Le film original est tellement plus effrayant et dérangeant ! Là on a vraiment l’impression d’être en présence d’un effort minimum de la part de Carpenter. Christopher Reeve semble presque être un personnage secondaire dans le film. On multiplie les points de vue, comme dans Fog, sauf que dans ce dernier film cela fonctionnait, à mon sens, beaucoup plus.

La différence c’est que dans Fog, on ne sait pas exactement d’où vient le péril. Dans le Village des Damnés, on le sait depuis le début !

16. Dark star

Oui, c’est son film d’étudiant, complété pour une sortie au cinéma. Donc il ne faut pas nécessairement en attendre autant que pour un autre de ses films. Le fait que j’aime encore moins Le Village des Damnés que Dark Star en dit sans doute plus sur l’opinion que j’ai du Village des Damnés, que sur un film tel que Dark Star, qui aurait dû, tout naturellement, et je dirais même par principe, se retrouver tout en bas de la liste ! Très dispensable.

15. Starman

Trop de sucreries pour moi, comme pour E.T. de Spielberg. J’ai une tolérance toute relative à ce genre de film ! Quelques effets spéciaux sympathiques, des prestations convenables de Jeff Bridges et surtout de la superbe Karen Allen, mais je ne suis jamais arrivé à rentrer dans ce film !

14. Prince des Ténèbres

John Carpenter est tellement un bon réalisateur que dès son 14ème film dans la liste, on arrive déjà dans les films que j’apprécie vraiment. Prince des Ténèbres a un scénario passionnant, auquel il convient de prêter attention. Pas question de regarder le film en faisant autre chose. C’était étrange de revoir à l’écran Jameson Parker, le héros de la série Simon et Simon ! On revoit aussi avec plaisir Donald Pleasence, ainsi que Victor Wong et Dennis Dun, juste après Jack Burton !

Le rythme est un peu lent, le film est plus cérébral que véritablement effrayant, mais il reste une expérience à vivre ! Pas mon préféré de la liste, comme en témoigne sa position, assez basse, mais un bon film malgré tout.

13. Christine

Les histoire d’ados m’ennuient. C’est comme ça. Par exemple, les films Harry Potter commencent à m’ennuyer dès le quatrième film, et je n’ai jamais pu rentrer dans certaines séries comme Buffy.

Christine n’en reste pas moins un film impressionnant, précisément à cause de la voiture ! J’avais lu le livre de Stephen King, et effectivement il manque le fantôme du précédent propriétaire dans la voiture. Le film aurait-il été plus ou moins effrayant avec cet ajout ? Difficile à dire. Tel quel, il n’en reste pas moins diablement efficace.

12. Ghosts of Mars

Peu importent les critiques, en général négatives, je n’arrive pas à détester Ghosts of Mars. J’aime le film, et la bande originale, même si certains amis m’ont demandé de brûler le CD dès qu’ils en ont entendu les premières notes.

C’est quasiment un best-of des clichés made in Carpenter ! J’a-do-re. Je recommande spécialement le commentaire audio de Carpenter et Natasha Henstridge, où basiquement le grand John drague son actrice principale pendant une heure et quart… 🙂

11. Vampires

Une autre bande originale anthologique de la part de Carpenter, cette fois plus orientée « blues » que celle de « Ghosts of Mars », qui était définitivement orientée « heavy-metal ».

Plus film d’action sans concession que film d’horreur, le film n’hésite pas à rendre ses protagonistes assez antipathiques. Il se trouve juste que le grand méchant est encore pire qu’eux ! Dans ces temps de politiquement correct, je trouve que revoir un un film comme Vampires fait du bien.

10. Les Mémoires d’un Homme Invisible

Vu au cinéma à l’époque, Les Mémoires d’un Homme Invisible est presque un film… classique pour être de John Carpenter ! La bande-annonce laissait entrevoir un film assez comique, mais finalement ce ne sera pas le cas dans le produit fini.

Les effets spéciaux sont plutôt malins et inédits. Le principal défaut du film sera finalement le fait que Chevy Chase n’est pas spécialement sympathique, même si on compatit à sa condition. Un film qui reste agréable, avec une bonne prestation de Sam Neill, dont Carpenter tirera une prestation encore meilleure pour l’Antre de la Folie.

9. Los Angeles 2013

Los Angeles 2013 doit sans doute beaucoup plus à Kurt Russell qu’à John Carpenter. L’acteur est en effet au sommet de sa carrière, même s’il ne le sait pas encore, après les cartons de Backdraft, Tombstone (qu’il affirme avoir réalisé à la place de George Pan Cosmatos, qui est crédité au générique), Stargate et Ultime Décision.

Il retrouve donc un de ses rôles préférés, celui de Snake Plissken de New York 1997, pour une nouvelle aventure, cette fois à Los Angeles. Le film est plus fascinant pour son sous-texte que pour les péripéties en elles-mêmes, qui sont pour beaucoup calquées sur le film précécent. On se doute que Carpenter et Russell règlent plusieurs comptes dans le scénario dont ils sont les co-auteurs, tandis que des effets spéciaux assez bizarrement faiblards viennent souligner l’ensemble.

À tel point qu’on peut se demander ce qui est intentionnel ou pas. Des vedettes invitées savoureuses, Bruce Campbell, Pam Grier (qui en version française est doublée par un homme !) et Valéria Golino. Une musique intéressante signée de Carpenter et de la grande Shirley Walker. Bref, un film que j’aime beaucoup malgré ses défauts très visibles !

8. Invasion Los Angeles

Un film à petit budget qui regorge d’excellentes idées, qui reflète le tempérament délibérément anarchiste de Carpenter. L’autorité est ici entre les mains d’extraterrestres inhumains qui ont pris apparence humaine, sauf quand on les regarde à travers des lunettes de soleil spécialement traitées.

John Nada (« nada » signifiant « rien » en espagnol !) est un défavorisé qui acquiert une telle paire de lunettes, et qui part en guerre contre l’occupant. On retiendra notamment du film une scène de bagarre anthologique entre Roddy Piper, célèbre catcheur, et Keith David !

7. Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin

Logiquement ce film aurait dû se retrouver plus haut dans le classement car il a tout pour me plaire. Alors pourquoi n’est-il que septième ? Il a un défaut majeur pour moi, je trouve que les combats d’arts martiaux ne sont pas très bien filmés. En tout cas, on a vu bien mieux dans le domaine ! Filmer les arts martiaux est un art à part entière.

Mis à part cet aspect, il est très amusant de voir un « héros » plutôt traité comme un personnage secondaire dans son propre film, même si en définitive il remporte la mise car « tout est dans le poignet ». La mythologie chinoise y est agréablement traitée et donne lieu à des scènes réjouissantes et dépaysantes. Il est dommage que le film ait été un tel plantage qu’il a privé John Carpenter des plus gros budgets. Mais est-il réellement à l’aise dans ce système des studios ?

6. The Thing

Une des meilleures choses qui soit sortie de ce remake de « La Chose d’un Autre Monde » (pas mal aussi, dans un autre genre), c’est le commentaire audio de John Carpenter et Kurt Russell qui figure sur le DVD. Kurt Russell rit à gorge déployée pendant les scènes d’effets spéciaux, et l’acteur et son réalisateur passent une partie du commentaire à se donner des nouvelles de leurs enfants respectifs.

Le film reste impressionnant de par son atmosphère de paranoïa intense, et de par ses effets spéciaux hallucinants d’inventivité. Les spectateurs d’alors lui préférèrent E.T. L’Extraterrestre malheureusement, condamnant le film de Carpenter à un échec cinglant. Fort heureusement, le temps qui passe lui a donné raison, c’est aujourd’hui une des références incontestables du genre.

5. The Fog

Le second film « professionnel » de John Carpenter est une histoire de fantômes ancestrale, racontée au début du film par un vieux pêcheur autour d’un feu de camp. C’est ça la force de The Fog, une lente mise en place, portée par plusieurs personnages, dont aucun ne se dégage vraiment comme étant le principal protagoniste.

De l’aveu même de Carpenter, c’est un film dont le premier montage ne fonctionnait pas. Le moins que l’on puisse dire c’est que le rattrapage est admirable. L’ambiance est pesante, inquiétante, et on ne sait jamais vraiment d’où viendra la menace. Le tout est renforcé par la musique angoissante et inéluctable de Carpenter, et la photographie inventive de Dean Cundey.

Je revisite régulièrement The Fog comme je relis toujours avec plaisir une bonne histoire de Lovecraft, pour l’ambiance.

4. Halloween

Le second film « professionnel » de John Carpenter après Dark Star est, lui aussi, un coup de maître, car son succès engendrera des franchises entières, plus ou moins réussies sur le plan artistique. Halloween conserve son côté classieux quarante ans après sa sortie. Carpenter sait comme personne iconiser la figure du tueur, et le spectateur moderne constatera avec surprise que le film n’est finalement pas si sanglant que cela.

Halloween est juste une master class de mise en scène, de mise en musique et de montage. Rarement la tension et le suspense auront été si bien rendus par quelqu’un d’autre qu’Alfred Hitchcock !

Il paraît qu’il y a eu quelques suites, mais je pense personnellement que c’est une rumeur infondée…

3. New York 1997

Ce film d’anticipation dégage une ambiance assez unique. New York est devenu une prison à ciel ouvert, et le rebelle Snake Plissken y est envoyé pour retrouver le Président des Etats-Unis dont l’avion s’y est écrasé. Pas de bol, à quelques minutes près, il tombait dans la flotte et il n’y avait pas de film.

Les acteurs, Kurt Russell et Donald Pleasence en tête, sont excellents, l’aventure est rythmée, l’atmosphère est crépusculaire, et la bande originale également signée John Carpenter est superbe. Le final garde son cynisme, même si les plus jeunes se demanderont longtemps ce qu’est cette haute technologie de cassette audio qu’on nous présente ici. Sans doute une évolution à venir du MP3…

2. Assaut

Ce qui m’a frappé quand j’ai vu pour la première fois cet « assaut sur le commissariat 13 », c’était à quel point le film était épuré. Il va droit au but, sans se perdre dans des intrigues secondaires, ce que j’ai toujours admiré. Le film est d’une efficacité totale, peut-être moins éblouissant comme début que le « Duel » de Spielberg, qui démontrait déjà une virtuosité indéniable et immédiatement visible, mais néanmoins très compétent, et ce dans tous les domaines : réalisation, photographie, scénario, musique.

Coup d’essai, coup de maître pour ce premier film à 100% professionnel !

Il est à noter que ce film a deux remakes réalisés par des Français, à savoir Nid de Guêpes de Florent Emilio-Siri pour l’officieux, et le remake officiel par Jean-François Richet, Assaut sur le Central 13. Pour moi, les deux sont à voir également, même si mon préféré des deux est clairement Nid de Guêpes.

1. L’Antre de la Folie

À tout seigneur tout honneur, car ce film évoque deux figures littéraires particulièrement emblématiques de l’horreur, Stephen King et H.P. Lovecraft. Le scénario n’est pas de Carpenter, et pourtant il serait difficile de trouver une telle adéquation entre un sujet et son auteur. Sutter Kane (notez les initiales) est un auteur de romans d’horreur qui vit retiré du monde, et John Trent, interprété avec brio par Sam Neill, est chargé de le retrouver.

L’Antre de la Folie (Dans la Bouche de la Folie, si on veut une traduction littérale) est hypnotique, un pur film fantastique, dans le sens où celui-ci se trouve en marge de la réalité, caché derrière un comptoir, dans une ruelle sombre, ou lorsque vous croisez ce cycliste en vélo. Un exercice de style qui se finit en méta-texte éblouissant. Avec ma musique de générique préférée sans doute de toutes les compositions de John Carpenter, aidé ici par Jim Lang.

Et vous, lisez-vous Sutter Kane ?

 

Voilà quel est mon palmarès personnel des oeuvres de John Carpenter, et vous, quel est le vôtre ? Dites-le moi en commentaire !


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