Qu’est-ce qu’il a de si spécial ce TARZAN ?

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Un personnage mythique, OK, bon, sans plus…

Tarzan étant devenu un mythe, il faisait partie de ces personnages qui ont toujours fait partie de ma vie. Petit, je regardais les dessins animés et les films, mais il ne m’a jamais passionné comme ont pu le faire d’autres personnages. Certes les dessins de Burne Hogart étaient impressionnants, les films avec Johnny Weissmuller divertissants, mais Tarzan lui-même me semblait terriblement insipide.

Même Superman, qui lui aussi avait une réputation de boy-scout, me semblait plus intéressant avec cette identité cachée et ses aventures dignes de la science-fiction la plus échevelée. Mais les aventures dans la jungle, bof. Tout ça manquait sérieusement de fantaisie.

Aussi, même lorsque je tombai amoureux de l’univers de Mars (Barsoom) dans les années 80, je ne cherchai pas à m’intéresser à Tarzan, dont je croyais tout connaître, et qui à ce stade m’ennuyait même.

Mais voilà LA découverte !

Ce ne fut donc que tout récemment que je m’autorisai à lire le premier roman, comme ça, pour voir.

Et tout d’un coup, je compris. Quelle claque ! Il y avait là tout un univers, et un personnage, que les adaptations successives au cours des cent dernières années avaient à peine touché !

Je découvris tout d’abord, en détail, la tragédie de Lord Greystoke et Lady Alice, touchante et poignante. Il y avait dans cette histoire seule tous les éléments d’un film extraordinaire, qui aurait permis de comprendre d’où viennent réellement toutes les qualités de Tarzan (car chez Burroughs, les qualités, comme les défauts, sont héréditaires). Avec en parallèle, l’histoire de Kala, de la tribu des Mangani, chainon manquant entre le singe et l’homme, future mère adoptive de Tarzan.

Ensuite, il y a Tarzan lui-même. Loin d’être le Seigneur de la Jungle soit civilisé et insipide, soit arriéré et bête à manger du foin, se dessine un personnage beaucoup plus complexe.

On a beaucoup taxé Burroughs de racisme et d’impérialisme (Tarzan l’homme blanc supérieur aux hommes noirs, dont certains sont dépeints comme cannibales). A la lecture du texte, force est de constater l’erreur de ces critiques faciles : d’une part, l’existence de tribus noires cannibales n’est pas une invention de Burroughs qui, s’il n’a jamais mis les pieds en Afrique, s’est cependant documenté sur le sujet. D’autre part, la tribu noire des Waziri est présentée comme particulièrement noble.

Et enfin, Tarzan n’est pas seulement supérieur aux hommes noirs, il est supérieur à TOUS les hommes, quelle que soit leur couleur de peau. Rappelons au passage que l’ethnie la plus noble de Barsoom est celle des Pirates Noirs de la mer de Korus.

Le VRAI Tarzan

Tarzan est un animal en premier lieu, et se revendique comme tel, et un homme en second lieu. Ses habitudes alimentaires nous sembleraient répugnantes (car à base de viande crue, ce qui le rend, est c’est expressément écrit dans un des romans, encore moins civilisé que les membres des tribus noires, qui eux cuisinent leurs aliments), et son sens de l’humour est fortement teinté de cruauté, voire carrément dépravé (dans Tarzan the Untamed notamment). Bref, rien à voir avec l’image aseptisée qui prévaudra ensuite. J’ai été surpris de découvrir en Tarzan un personnage finalement beaucoup plus proche d’un Wolverine que d’un Superman…

Je ne peux que vous conseiller la lecture des romans pour vous faire une idée, pendant qu’ils sont disponibles. Avec Burroughs, on ne sait jamais pendant combien de temps ça va être le cas.

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