STAR WARS : LE RÉVEIL DE LA FORCE – Attention SPOILERS !

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J’y vais, j’y vais pas ?

Longtemps je me suis demandé si j’allais aller voir Star Wars : le réveil de la Force. J’ai hésité jusqu’au dernier moment. J’attendais les premières réactions pour me décider définitivement. Irais ? Irais pas ? Je me méfais des envolées trop enthousiastes qui pullulaient sur le net. J’avais été vacciné par ces fichues préquelles, qui n’avaient pas manqué d’hyperboles diverses et variées dès leur sortie (« L’Attaque des Clones est LE Star Wars que vous attendiez ! », « Revenge of the Sith est enfin un retour au vrai Star Wars ! », ouais, c’est ça…).

Des spoilers en pagaille…

Les spoilers je les avais trouvés assez facilement finalement sur le net, je savais donc déjà ce qui se passerait dans le film. Pourquoi avoir cherché les spoilers ? N’appréciez-vous donc pas le plaisir de la découverte en salles ? Non. J’adore les spoilers. J’apprends les mêmes choses que ceux qui découvrent le film en salles, juste pas au même moment, et c’est la façon dont je vois les choses. Je savais donc que Han mourrait, que Leia avait un rôle très statique, que Luke n’apparaissait que quelques secondes à la fin, et tout cela me déplaisait beaucoup.

De façon assez surprenante les bonnes et les mauvaises critiques disaient la même chose, ce qui ne m’aida pas à me décider. C’était par certains aspects un copier-coller du Star Wars de 1977, tous les enjeux n’étaient pas très bien expliqués, mais les acteurs, nouveaux comme anciens, étaient bons, et les effets spéciaux, comme on pouvait s’en douter, étaient excellents. Tout se résumait donc à l’endroit où le spectateur plaçait son curseur, et s’il parvenait à faire taire son esprit critique pour apprécier le spectacle. Cela aussi me préoccupait. J’avais été échaudé par les précédents films de J.J. Abrams, de beaux objets bien clinquants mais qui bien souvent couvraient un vide abyssal niveau scénario, comme ses Star Trek, et surtout Into Darkness, une vraie purge à ce niveau-là.

C’est donc presque en trainant les pieds que je me suis rendu dans la salle hier matin, attrapant quasiment à contrecœur mes lunettes 3D (je voulais de la 2D mais la séance précédente était pleine). La magie allait-elle opérer ?

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Un petit miracle ?

Ne faisons pas durer le suspense plus longtemps, Le Réveil de la Force est un petit miracle. Oubliez tous les pensums intellectualo-masturbatoires qui essayent de faire raccrocher Star Wars aux wagons des mythes fondateurs de l’Humanité, qui vous parlent de la science dans les films, de leur métaphysique ou de leur portée politique et économique, Star Wars à son apogée a toujours été une aventure spatiale avant tout, un hommage vibrant de Lucas aux « pulps » et aux « serials » de son enfance. On ne le dira jamais assez, Star Wars doit plus à Edgar Rice Burroughs et Alex Raymond qu’à Joseph Campbell !

Et quelle aventure spatiale que celle-ci ! Les aventures de Rey, Finn et Poe (et BB-8 !) s’annoncent d’ores et déjà aussi palpitantes que celles de Luke, Han et Leia ! Les nouveaux acteurs sont en effet excellents, leurs personnages bien dessinés et attachants. Et que dire de ce méchant ambigu, Kylo Ren, sinon qu’il est passionnant à suivre, et tellement prometteur dans ses questionnements ! Quant aux anciens personnages, Han Solo et Chewbacca en tête, c’est comme si on les avait quittés la veille.

Une bonne première impression !

Dès lors la part la plus importante du contrat est remplie en ce qui me concerne. Tout le reste n’est qu’accessoire et prétexte à découvrir et utiliser les nouveaux personnages. L’écriture du film rappelle celle des « pulps » que j’adore, Edgar Rice Burroughs en tête. Le cadre est défini de façon minimale, on en sait juste assez pour apprécier ce qui se passe, mais pas plus. Les personnages y sont définis par leurs actions plus que par leurs paroles. Et un degré salvateur de naïveté, à base de coïncidences incroyables, vient saupoudrer le tout, accompagné d’un humour et d’une légèreté bienvenue.

A ce constat imparable vient s’ajouter un refus de la surenchère, qui pouvait légitimement menacer le projet. Certes, l’Etoile Noire a maintenant la taille d’une planète, mais l’histoire reste à échelle profondément humaine. Deux chasseurs TIE représentent un challenge pour le Millenium Falcon sur Jakku ! Et la bataille finale du film n’engage pas pour autant des milliers de vaisseaux. Le recours à des effets « analogiques » (maquettes, maquillages réels) plutôt que digitaux donne un aspect « réaliste » à l’univers qui faisait défaut aux préquelles. On peut d’ailleurs regretter que cette logique n’ait pas été suivie jusqu’au bout. Les effets purement digitaux tranchent défavorablement dans le film, les créatures tentaculaires qui bougent trop vite pour que l’œil puisse les suivre distinctement, ainsi que les personnages de Maz Kanata et Snoke, qui auraient probablement été mieux servis par une marionnette ou un maquillage spécial. Disney a aussi acheté les Muppets, qu’ils utilisent donc les compétences de la Jim Henson’s Creature Shop !

Inutile d’ajouter que ces louanges sur Le réveil de la Force pourraient à peu de choses près s’appliquer également à John Carter. D’ici à rêver que Lucasfilm finance en plus des films Star Wars la suite de John Carter, il n’y a qu’un pas que j’aimerais voir franchir !

En attendant, Finn, Rey, Poe, BB-8, bienvenue dans la famille de Star Wars, je suivrai vos prochaines aventures avec intérêt !

EDIT du 16/02/2022 : Bien évidemment, je suis tombé de très très haut depuis. Je ne me suis pas déplacé pour Les Derniers Jedi ou pour L’Ascension de Skywalker. Pire, je n’ai même pas acheté les musiques pourtant signées John Williams. Un gâchis incommensurable, qui bien évidemment dévalue fortement mes premières impressions sur Le Réveil de la Force. Je laisse néanmoins cette critique telle que je l’avais écrite à l’époque, à un moment où oui, j’ai vraiment cru au Réveil en question.


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