LE CYCLE DE MARS ! 30 jours, mes 30 références geek 2/30

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Je n’étais pas parti pour lire un livre du cycle de Mars. J’avais acheté le jeu de rôle Stormbringer d’après le cycle d’Elric le Nécromancien par Michael Moorcock. Naturellement j’avais lu les livres en rapport avec le jeu, et je les avais bien appréciés. Aussi quand j’ai vu de nouveaux livres de Michael Moorcock se passant sur Mars.

Guerrier de Mars Moorcock
La trilogie du Guerrier de Mars de Michael Moorcock, inspirée de Burroughs

C’est alors que je vis à côté, dans la même collection, un livre écrit apparemment par le créateur de Tarzan, Edgar Rice Burroughs, la Princesse de Mars. Tant qu’à être sur Mars, je demandai à mes parents de me l’acheter aussi.

Cycle de Mars Epées et Dragons
Les quatre parutions du Cycle de Mars collection Epées et Dragons

Le choc de la Princesse de Mars !

Je ne pourrais même pas vous dire de quoi parle le Guerrier de Mars de Moorcock, j’en ai tout oublié. Par contre je tombai instantanément amoureux de la Princesse de Mars. Les aventures de John Carter sur la planète Barsoom, nom que ses habitants donnent à la planète Mars, étaient captivantes. La construction du monde était exemplaire, vécue à 100% à travers le regard du héros, guerrier émérite, le meilleur bretteur de non pas un mais deux mondes. Autant dire que le roman faisait partie de ceux où on n’avait aucun doute sur les capacités du héros à réussir, le tout était de découvrir comment.

Le récit était rafraichissant, exaltant, mettant en avant la notion d’honneur et de fidélité à ses valeurs les plus nobles. Bref, c’était un récit de chevalerie tel qu’on pouvait en rencontrer chez Chrétien de Troyes, mais dans un cadre de science-fiction échevelé. En 70 000 mots, le cadre est posé et un monde entier est né.

A Princess of Mars (publié en 1912 au moment du naufrage du Titanic, sans qu’il y ait de rapport entre les deux événements) est le premier roman d’Edgar Rice Burroughs, et il est à cet égard profondément personnel, et ça se sent. Ce monde n’est pas né spontanément, mais il est sans doute le fruit de nombreuses réflexions de la part de son auteur, lesquelles nous resteront à jamais inaccessibles. On l’aura souvent interrogé sur sa création la plus célèbre, Tarzan, mais finalement assez peu sur la saga qui de toute évidence lui tenait le plus à cœur, celle de Mars.

Une trilogie initiale parfaite !

Alors que Tarzan est le personnage qui captivera l’imagination du public dans le monde entier, Burroughs reviendra pourtant plusieurs fois sur Mars. Après avoir rédigé la première aventure de l’homme-singe, Burroughs n’a qu’une envie, revenir sur Barsoom, et il écrira donc les deux suites de la Princesse de Mars : les Dieux de Mars et le Seigneur de Guerre de Mars. Une trilogie parfaite, réfléchie, voulue et pensée comme SON monde idéal, celui dans lequel des êtres de toutes les couleurs de peau se réuniraient dans un but commun. Et dire qu’on le traite de raciste…

Au passage, si vous voyez un jour une adaptation fidèle des Dieux de Mars, vous vous direz « tiens, ça c’est comme dans l’Empire Contre-Attaque« …

Un Cycle qui ne démérite pas !

Il y a deux façons de traiter des suites. Soit on se repose sur les acquis des premiers opus, soit on se concentre sur la découverte d’un nouveau pan de l’univers, totalement inédit. C’est la méthode qu’employera Edgar Rice Burroughs, même si au coeur des récits eux-mêmes se forgeront systématiquement des histoires d’amour.

Le quatrième tome reprend deux personnages des livres précédents, dont le fils de John Carter et Dejah Thoris, le bien nommé Carthoris, qui va vivre l’aventure qui va lui permettre de gagner le cœur de Thuvia, Vierge de Mars.

Pour le cinquième, Échecs sur Mars, place à la fille de Carter et Dejah, Tara, jeune fille pourrie-gâtée qui découvrira l’amour dans les bras de Gahan de Gathol, un prince qui se fera passer auprès d’elle pour un simple mercenaire. A noter la présence d’un personnage très original, et finalement très drôle, Ghek, qui fait partie d’une espéce dont la tête et le corps sont indépendants l’un de l’autre !

Le sixième tome suit un autre terrien, Ulysses Paxton, qui devient l’assistant du Chirurgien de Mars, le fascinant et amoral Ras Thavas. Quelques passages savoureux montrent tout le dédain que peut éprouver Burroughs devant les religions organisées…

Le septième tome, le Combattant de Mars, est mon préféré. Pour une fois, on suit les exploits d’un simple soldat, Tan Hadron, qui part délivrer sa princesse, Sanoma Tora, qui a été enlevée. Jusqu’ici rien que de très classique, mais Burroughs change un peu la formule quand apparaît dans la vie de Tan Hadron le personnage fascinant de Tavia, une ancienne esclave en fuite qui se montre elle aussi très douée à l’épée.

Retour à John Carter au premier plan pour le huitième tome, les Epées de Mars. Il doit déjouer les machinations d’une guilde d’assassins, tout en ayant à faire à deux savants fous qui ont chacun de leur côté inventé un vaisseau leur permettant de rejoindre l’une des deux lunes de Barsoom… Un peu d’ambiguïté se glisse dans cette histoire quand Carter se rend compte qu’une de ses actions passées a causé beaucoup de tort à une des servantes. Juste UN PEU d’ambiguïté, car il n’ira pas jusqu’à s’excuser, mais bon, c’est toujours ça…

Les Hommes Synthétiques de Mars constituent la menace du tome 9. Si les aventures sur Mars devaient toutes être adaptées, celle-ci serait sans doute la plus coûteuse. Bien qu’on y retrouve John Carter et Ras Thavas, le personnage principal est l’un de ceux qui accompagne Carter, Vor Daj, qui tombe amoureux d’une des prisonnières des hommes synthétiques.

Llana de Gathol est la petite-fille de John Carter, et la fille de Tara et Gahan de Gathol. Son grand-père la retrouve sur sa route, un peu par hasard, et ils doivent rentrer chez eux à travers les quatre nouvelles qui composent ce recueil.

Enfin, John Carter de Mars regroupe une aventure que beaucoup considèrent comme apocryphe, John Carter et le géant de Mars, car elle a été en fait écrite par le fils d’Edgar Rice Burroughs, John Coleman Burroughs, et les Hommes-Squelettes de Jupiter, l’ultime aventure de John Carter et Dejah Thoris, restée inachevée.

Une qualité assez constante

C’est en effet ce qui pour moi ressort du Cycle, une qualité d’écriture assez constante, qui démontre bien tout l’amour qu’Edgar Rice Burroughs avait pour ce monde qu’il avait créé. A chaque tome, il y a peu de répétition, Burroughs explore un nouveau concept et met en scène un nouvel endroit, si bien que, bien que les intrigues elles-mêmes peuvent paraître un peu répétitives, le lecteur ne s’ennuie jamais.

C’est sa série la plus longue après Tarzan (9 romans et cinq nouvelles), et la plus réussie d’après moi, les aventures de Tarzan sombrant rapidement dans la routine au fil des tomes, dont les derniers étaient purement alimentaires. Tarzan était le « pot-boiler », celui qui faisait « bouillir la marmite ». Barsoom était son univers de cœur, auquel il reviendra régulièrement alors que pas grand-monde ne s’y intéressait finalement. Ou du moins le croyait-il.

Un héritage d’importance

Car les aventures de John Carter et compagnie auront une influence considérable sur la pop-culture. Ray Bradbury écrivit que Burroughs était l’auteur le plus important du 20ème siècle. Deux branches importantes partent de John Carter, qui fait partie des influences du Superman de Jerry Siegel et Joe Schuster, ainsi que du Flash Gordon d’Alex Raymond, et donc de Star Wars (tout le début du Retour du Jedi doit beaucoup à Burroughs). Quand James Cameron réalisé Avatar, il dit vouloir faire une aventure « à la Burroughs ».

On est donc en présence qu’une oeuvre séminale, qui n’est pas toujours reconnue à sa juste valeur. Je vous invite donc à la découvrir si vous le voulez, ou le pouvez. Que risquez-vous ? Si le style vous déplait, vous aurez essayé. Dans le cas contraire, eh bien, tout ce que vous risquez, c’est d’en tomber aussi amoureux que moi !

Et vous, connaissez-vous le Cycle de Mars ? Avez-vous vu et aimé son adaptation, John Carter ?

Cycle de Mars Lefrancq
La plus belle édition du Cycle de Mars, aux éditions belges Lefrancq. La seule complète, et avec les merveilleuses couvertures signée Patrice Sanahujas

 


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