Rencontre-dédicace « LES SUPER-HÉROS À LA FRANÇAISE » du 5 mars 2014

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Je me suis rendu à une rencontre-dédicace hier à l’espace rencontre de Joseph Gibert (ce n’est pas indiqué, mais sachez-le si vous devez vous y rendre, c’est une alcôve au premier étage du bâtiment de la librairie). Etaient présent Romain d’Huissier, scénariste, écrivain et auteur de jeu de rôle (dont La Brigade Chimérique et Hexagon Universe), et Alex Nikolavitch, traducteur, scénariste et essayiste, qui a notamment travaillé chez Semic. Jean-Marc Lainé, qui avait été annoncé, n’a pu venir.

Affiche 050314

Malgré mon arrivée un peu en retard, (fichu métro), Alex et Romain ont apparemment commencé par dresser le portrait de la fiction française d’avant-guerre de 1939, riche de nombreux récits de super-héros avant l’heure et de science-fiction (rien que cela donnait envie de les découvrir), avant d’embrayer sur la naissance du super-héros américain avec Superman, héritier direct de plusieurs influences, dont les récits « pulp » de l’époque. On le sait, les super-héros ont tout d’abord connu leurs heures de gloire pendant la deuxième guerre mondiale, et servaient d’éxutoire bienvenu aux terrifiants événements de l’époque.

Romain a émis la théorie, qui paraît très pertinente, que c’est la seconde guerre mondiale, qui a été vécue par nous-mêmes européens de l’ouest de manière beaucoup plus « intime » que les anglo-saxons, qui eux n’ont jamais été envahis, qui a empêché d’émergence et la popularisation de personnages de « surhommes », qui rappelaient trop la propagande nazie. De fait la loi de 1949 sur les publications pour la jeunesse (et du Comics Code Authority aux Etats-Unis) avait considérablement restreint ce qu’il était permis de montrer dans les bandes dessinées, ce qui a notamment fait interdire les revues Fantask et Marvel publiées par Lug à l’époque.

Alex a ensuite évoqué le retour des super-héros, d’abord chez DC dans les années 50, puis chez Marvel sous l’impulsion de Stan Lee. Alex raconte qu’à l’époque, Marvel (alors appelée Timely) était en situation tellement précaire qu’elle faisait distribuer ses comics par DC. Ils avaient le droit de tout publier, sauf du super-héros. C’est ainsi que les 4 Fantastiques, sortis en 1961, étaient présentés comme une histoire de « monstres », au début sans costume de super-héros. Ce n’est qu’après le succès des quatre compères que Marvel pu reprendre sa propre distribution et tomber les masques (au sens figuré, les 4 Fantastiques étant un des rares groupes à n’en avoir jamais porté !).

En parallèle en France, quelques tentatives de super-héros à la française sont faites, de manière discrète, et dans une optique complètement anglo-saxonne. Les héros sont américains, leurs histoires se passent en Amérique. Les histoires sont courtes, quelquefois moins de dix épisodes. C’est chez Lug que seront faites les créations les plus mémorables, à savoir Mikros par Jean (John) Mitton (Milton) et Photonik de Ciro (Cyrus) Tota, ainsi que le troisième oublié, Ozark le magicien indien et son étalon Mustang.

Après les déboires de Semic, à savoir la perte de la license Marvel (un traumatisme personnel !), puis l’acquisition puis la perte de la license DC, tentative est faite de lancer des super-héros français sur le marché. Malgré les déboires de la publication en kiosque, c’est toujours le cas aujourd’hui, sous la houlette de Jean-Marc Lofficier, qui publie régulièrement des omnibus des anciens comics français chez Rivière Blanche, ainsi que de nouvelles bandes dessinées Strangers, qui en est actuellement à sa « saison 3 », sans parler des rééditions récentes de Mikros (et de l’Archer Blanc de Mitton, qui était paru dans le Journal de Mickey !) et de Photonik.

Bref, un panorama passionnant de l’histoire des super-héros dans notre contrée, et un constat de la vivacité et de la pertinence de ces héros. Avec aussi cette impression que nous n’en sommes peut-être qu’au commencement d’un nouveau cycle. C’était une discussion passionnante et très bien menée par Alex et Romain, deux passionnés sans aucun doute sur le sujet ! Merci à vous !

 


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